Entre mer et montagne, le département cache des poches argileuses bien connues des géotechniciens, dans les collines du moyen pays comme dans les bassins de Grasse, de Mougins ou de Valbonne. Les maisons qui s’y sont construites par dizaines de milliers depuis les années 1960, souvent sur des fondations superficielles et des terrains en pente, paient le prix de chaque grande sécheresse. Celle de 2026 ne fait pas exception, et ses effets vont continuer de se manifester tout l’automne et l’hiver.

Un été record, des sols à l’épreuve

Les faits d’abord. Selon le bilan de Météo-France publié le 3 septembre 2026, l’été 2026 est le plus chaud mesuré en France depuis 1900 : 3,6 °C au-dessus de la normale, 53 jours de vague de chaleur en trois épisodes, canicule précoce du 17 au 30 juin avec jusqu’à 72 départements en vigilance rouge. Les pluies ont manqué à hauteur de près de 40 %, deuxième déficit estival jamais enregistré, et la sécheresse des sols a atteint un niveau sans précédent en moyenne nationale, dépassant dès début août le minimum historique de 2022.

Sur un terrain argileux, un tel épisode se traduit par une dessiccation profonde : le sol se rétracte, l’assise des fondations se dérobe par endroits, et la maçonnerie encaisse. Puis viennent les pluies d’automne, azuréennes par excellence : brutales, concentrées, elles regonflent l’argile et font travailler la structure en sens inverse. C’est ce cycle complet qui fissure, pas seulement l’été.

Le 06, département argileux qui s’ignore

L’historique officiel des catastrophes naturelles le confirme commune par commune. Dans la bande littorale et le moyen pays, les reconnaissances sécheresse s’accumulent : 8 à Cannes depuis 2004, 7 à Grasse depuis 2003, 7 à Antibes depuis 1989, 6 à Nice, 6 à Mougins, 5 à Cagnes-sur-Mer, 4 à Vence, 3 à Valbonne. Surtout, les épisodes de 2022 et de 2023 ont donné lieu à des arrêtés dans la quasi-totalité de ces communes : le phénomène s’accélère nettement depuis cinq ans.

La topographie du département ajoute sa part : sur un terrain en pente, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer uniformément, l’exposition au soleil diffère d’une façade à l’autre, et les remblais de terrassement vieillissent mal. Autant de facteurs qui rendent les tassements différentiels plus probables que sur un terrain plat et homogène.

Les maisons qui trinquent, et les signes qui ne trompent pas

Le profil type du bien touché dans le 06 : une villa des années 1960 à 1990 sur vide sanitaire ou sous-sol partiel, fondée superficiellement, sur restanque ou terrain remodelé, avec des oliviers, cyprès ou chênes à proximité immédiate. Les désordres caractéristiques : fissures en escalier sur les façades suivant les joints de maçonnerie, fissures diagonales aux angles des ouvertures, décollement entre la maison et sa terrasse ou sa piscine, portes qui frottent par périodes, carrelages fissurés en ligne droite.

Un détail que nous vérifions systématiquement en mission : la dissymétrie. Un mouvement de sol touche rarement la maison de façon uniforme ; il marque un angle, une façade exposée, une extension. Des désordres distribués de façon cohérente avec l’environnement (un arbre, une pente, un réseau qui fuit) racontent une histoire que l’expert sait lire.

Ce qu’il faut faire avant la fin de l’année

Trois gestes immédiats. D’abord, documentez : photos datées de chaque fissure avec repère d’échelle, à refaire toutes les deux à trois semaines pendant la réhydratation. Ensuite, signalez vos désordres par écrit à votre mairie en demandant le dépôt d’une demande de reconnaissance de catastrophe naturelle pour la sécheresse 2026 : c’est la commune qui saisit la préfecture, et les arrêtés sont attendus courant 2027 selon le calendrier habituel. Enfin, ne rebouchez rien de structurel : vous effaceriez les preuves avant le passage des experts.

Quand l’arrêté paraîtra, vous aurez 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur ; la franchise légale est de 1 520 euros pour les dommages liés aux mouvements de terrain dus à la sécheresse, et l’assureur devra verser une provision sous 2 mois puis l’indemnisation sous 3 mois. Tout ce que vous aurez documenté d’ici là pèsera dans la discussion avec l’expert de la compagnie.

Faire qualifier les désordres : le bon moment, c’est maintenant

Un diagnostic indépendant établi pendant que les fissures évoluent fixe l’état initial, identifie l’origine la plus probable des désordres et écarte méthodiquement les autres causes possibles : c’est la pièce qui manque à la plupart des dossiers quand arrive l’expertise d’assurance. Notre cabinet intervient dans tout le département, de Nice à Grasse et de Cannes au haut pays, en toute indépendance des entreprises de travaux. Le contenu de la mission est détaillé sur notre page expertise fissures dans les Alpes-Maritimes, nos prix sont publiés sur la page nos tarifs, et notre page contact permet de nous décrire votre situation.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles.